La Perle, sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de la Marine nationale, vient achever sa vie à Cherbourg.
Le SNA Perle, le long de la digue du Homet, arborait un grand pavillon français lors de la dernière arrivée de son histoire
Parti de Toulon (où sont affectés tous les SNA) le 20 mai dernier, ce sous-marin est arrivé à Cherbourg le 1er juin. Après avoir franchi la passe de l’Ouest vers 8h00, il a été pris en remorque par un RPC12 (remorqueur portuaire et côtier de 12 tonnes) et deux RP10 (remorqueurs-pousseurs de 10 tonnes) de la base navale de Cherbourg. Notamment escorté par des fusiliers marins, il a finalement été positionné le long de la digue du Homet vers 9h00.
Vers 17h45, le sous-marin a de nouveau été remorqué par le RPC12 Fréhel et deux RP10 (La Macreuse et Le Gravelot). Cette fois, la Perle a quitté la digue du Homet pour rejoindre la forme homonyme.
La porte-écluse a été déplacée grâce au RPC12 Saire et un RP10. Utilisée occasionnellement, il s'agit de la plus grande forme de radoub de Cherbourg.
La porte-écluse de la forme du Homet a été remorquée
Comme à chaque mouvement de sous-marin, deux arrêtés ont été émis par la Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord ce 29 mai.
Le premier interdit toute activité nautique dans un rayon de 500 mètres centré sur la Perle lors de ses mouvements en rade. Celui-ci est porté à 1 kilomètre en dehors des rades.
Le second permet d’établir un contrôle renforcé du trafic maritime, régulé par la vigie du Homet, lors de l’évolution du sous-marin à l’intérieur des rades de Cherbourg.
Construit à l’arsenal de Cherbourg et mis en service le 7 juillet 1993, ce sous-marin est doté de 2 équipages de 68 marins, composés de 8 officiers, 52 officiers mariniers et 8 quartiers-maîtres et matelots. Long de 73,6 mètres pour un diamètre de 7,6 mètres, il fait partie des plus petits SNA au monde.
Au cours de ses 33 années de service, la Perle a parcouru près d’un million de milles nautiques (soit environ 1,85 million de kilomètres ou 46 tours de la Terre). Lors de ses 4 556 jours en mer, il a réalisé plus de 100 000 heures sous l’eau (soit près de 11,5 années de plongée).
En juin 2020, le SNA avait subi un incendie majeur, endommageant sa partie avant. La décision de le transférer à Cherbourg avait été prise par la ministre des Armées afin de souder la partie avant du Saphir (en attente de démantèlement) sur la partie arrière de la Perle. Cette opération avait été réalisée entre janvier et octobre 2021, avant de regagner Toulon pour y être modernisé et de reprendre son service en juin 2023. Ces transferts entre Toulon et Cherbourg avaient pu avoir lieu grâce au navire semi-submersible Rolldock Storm.
La partie avant de la Perle avait été remplacée à Cherbourg après son transfert par le Rolldock Storm (à dr.)
La Perle est la 6ème et dernière unité de la classe Rubis.
Si leur armement est conventionnel (contrairement aux SNLE, sous-marins nucléaires lanceurs d’engins), ces sous-marins d’attaque sont dits nucléaires en raison de leur propulsion assurée par un réacteur à eau pressurisée.
Au sein de cette classe, 4 bâtiments sont déjà désarmés. Les Saphir, Rubis, Casabianca et Emeraude avaient respectivement rejoint Cherbourg en 2019, 2022, 2023 et 2024. S’ils doivent être démantelés, le Casabianca aura la chance de rejoindre Toulon pour y être transformé en musée. Seul l’Améthyste reste actuellement en service. Son désarmement est prévu pour l’été 2027.
Les SNA de classe Rubis sont donc progressivement remplacés par ceux de la classe Suffren (grâce au programme Barracuda), de taille plus importante. Trois d’entre eux, les Suffren, Duguay-Trouin et Tourville ont été admis au service actif en 2022, 2024 et 2025. Le De Grasse a débuté ses essais en mer en février dernier et les nouveaux Rubis et Casabianca doivent être livrés avant 2030.
Retrouvez l'article sur la première sortie en mer du SNA De Grasse

Commenter cet article